
J’utilise l’histoire de ma région, la Wallonie, pour comprendre le comportement humain et valider ma théorie.
Comme je le détaille ailleurs,
CRÉVOP,
l’humain n'a jamais changé. Il n'est qu'individualiste et opportuniste.
Le but de cette recherche est, avant tout, personnel. Je veux me prouver qu’il m’est inutile de nuire à ma santé, en cherchant à changer le cours
des choses.
Deux paramètres, le pouvoir et la richesse, influencent ce cours.
La religion est une forme de pouvoir. Toutefois, son rôle est tellement important, chez nous, qu'il mérite d'être souligné.
Chaque époque fait l'objet d'un chapitre où je décris les changements initiés.
Je termine par une conclusion irréfutable.
Les détails se trouvent dans Wallonie Détails.
La croissance démographique wallonne, de -15 000 à 2 025
Il faut garder à l'esprit que la croissance démographique influence, voire déclenche, des phénomènes sociaux.
300 chasseurs-cueilleurs n'intéragissent pas comme 200 000 Celtes, à l'arrivée de J.C., ou 300 000 sujets de Charlemagne, ou 1 500 000 envahis par les révolutionnaires
français, ou 3 700 000 Wallons de 2025.
L’homme de Spy, le visiteur préhistorique le plus illustre de Wallonie, en -36 000
De -15 000 à -5 400.
Ils sont 300 répartis en groupes familiaux de 50 à 60 personnes.
Il y a déjà des chefs, temporels et religieux.
Cependant, avec trop peu de richesse, sans propriété, sans convoitise, la concurrence et le pouvoir sont faibles.
Tous sont, à peu près, égaux et solidaires.
L'évènement suprême
De -5 400 à -400.
Les nouveaux arrivent par centaines.
Ils trouvent un territoire presque inoccupé où s'installer pour élever, défricher et cultiver.
Ils ont la force du nombre et les précédants ont le choix.
Ils peuvent partir, ce n'est pas la place qui manque. Ils peuvent aider les nouveaux ou les imiter.
5 000 an plus tard, il n'est plus possible de distinguer qui était quoi au début.
La production agricole permet la sédentarisation et entraîne la propriété.
La production agricole excédentaire engendre des surplus et de la richesse.
Propriété et richesse exacerbent le goût du pouvoir.
C'est à cette époque que tout commence.
Lorsqu'il y a trop de bras pour la seule agriculture, les surnuméraires créent de nouveaux métiers et proposent leurs services en échange de nourriture.
La sédentarité entraîne aussi le développement du commerce, du transport et de la monnaie.
Ceux qui n'ont pas de place à la campagne se rassemblent dans des bourgs.
Les grands propriétaires terriens prennent les rennes temporels.
La religion, quant à elle, n'est pas encore un outil de domination.
De -400 à -50.
Les Celtes arrivent dans un territoire partiellement occupé. Il reste moins de place qu'au début de l'époque précédante.
Comme ils pratiquent l'extorsion, ils ne peuvent tuer tout le monde.
Ils gardent ceux qui leurs sont utiles, tuent les autres ou les réduisent en esclavage.
Ils accaparent les terres qui leur plaisent le plus.
Les druides sont au sommet de la hiérarchie. Ils sacrent les rois et les sacrifient.
Il n'y a pas d'antagonisme entre laïcs et religieux, ce sont les mêmes.
Les Celtes apportent trois nouveautés majeures.
L'utilisation de la force pour prendre et occuper le pouvoir.
L'utilisation de la religion, les druides dominent tout.
L'institutionnalisation de l'esclavage.
À la fin de cette période, existent les trois classes sociales que nous connaissons encore aujourd'hui.
La première, fusion de la première celte et de la première sédentaire, avec les druides et les grands propriétaires terriens.
La deuxième, fusion des deux deuxièmes rejointe par les exclus de la première sédentaire.
La troisième, avec la troisième celte rejointe par les sédentaires rétrogradés.
Villa gallo-romaine
Le royaume des Francs créé par Clovis et agrandi par ses fils
L'empire carolingien
De 687 à 925.
Cette période est la continuation de la précédante.
Elle pourrait passer inaperçue s'il n'y avait le coup d'état de Pépin Le Bref, en 751, et le changement de famille dirigeante.
Les carolingiens conquièrent de nouveaux territoires,
dirigent l'église catholique à leur profit et
instaurent le système seigneurial.
Embrouillamini impressionnant, ce système leur permet de disposer du plus grand nombre possible d'assistants financiers et militaires.
Le roi, à fortiori l'empereur, accorde le droit d'exploiter des terres à certains et celui d'imposer et de taxer les habitants à d'autres.
Au début, ces concessions sont limitées à la durée d'existence du seul bénéficiaire.
Le roi espère, par ce moyen, renforcer son emprise sur ses subordonnés.
À l’usage, le remède est pire que le mal.
Les seigneurs, en effet, rendent leur fonction héréditaire, construisent des principautés territoriales quasi indépendantes et s’acquittent de plus en plus mal de leurs
obligations envers leur supérieur.
Au 10ème siècle le territoire subit les exactions des Vikings. Celles-ci sont parfois exploitées par des seigneurs.
Des alliances sont fréquemment conclues. Concrétisées par un serment, elles peuvent être monnayées et ou accompagnées de la session de fiefs parfois très importants.
Le baptême du chef viking est souvent demandé et obtenu. Un mariage peut sceller l’alliance.
La Wallonie est le centre névralgique de l'empire.
Les classes sociales de l'époque sont les mêmes que celles de la précédente,
foule de seigneurs, haut clergé, Vikings,
personnes libres, agriculteurs, bourgeois, bas clergé, Vikings,
esclaves.
Les bourgeois sont soumis, comme les autres, aux seigneurs du territoire du bourg.
La Wallonie est incorporée au Saint Empire
Évolution de 962 à 1806
De 925 à 1806.
La direction de l'Europe Occidentale de l'époque n'est plus qu'une histoire de querelles, alliances et réconciliations, de famille.
La quasi entièreté de la Wallonie reste, pendant près de 900 an, dans une seule souveraineté.
Les Wallons sont, de ce fait, plus concernés par les embrouilles entre le Comte De Namur et Le Prince-Évêque De Liège, que par la guerre de 100 ans.
La nouveauté principale est la montée en puissance de la bourgeoisie.
Grâce à leur fortune, les bourgeois revendiquent et obtiennent des libertés.
Dans un deuxième temps les «grands» mettent la main sur les affaires communales.
Dans un troisième temps, les «petits» obtiennent, par la violence, de participer au pouvoir communal.
Vers la même époque, les villes opulentes, et influentes, obtiennent des garanties, de leurs princes territoriaux.
Pendant ce temps, le petit peuple se voue à tous les saints pour éviter l'enfer.
1770-1789 Les seigneurs et grands bourgeois basculent vers la révolution industrielle. Début du capitalisme, des restructurations et baisses de salaire.
Les trois classes sociales traditionnelles sont toujours là.
De grands bourgeois rejoignent les seigneurs dans la première.
De 1794 à 1815.
La victoire de Fleurus inaugure 20 années de présence française.
Après 1 an de flottement pénible, la Wallonie est réunie à la France et divisée en 5 départements, futures province belges.
L'abolition des privilèges, et l'expansion industrielle, profite surtout à la haute bourgeoisie urbaine.
Malheureusement, l'épineuse question de la misère, de la pauvreté, demeure.
L'annexion de la Belgique par la France révolutionnaire entraîne des changements fonciers majeurs, notamment la saisie et la vente des biens du clergé, créant une redistribution
des terres au profit de la bourgeoisie et des paysans aisés.
Les droits féodaux, pesant sur les paysans envers les seigneurs, sont supprimés et les terres libérées.
De 1815 à 1830.
Les droits seigneuriaux et ecclésiastiques n'ont pas été rétablis en 1815 lors du rattachement de la Wallonie (Belgique) à la Hollande sous Guillaume Ier ;
au contraire, le Royaume-Uni des Pays-Bas maintient l'essentiel des principes révolutionnaires français (égalité civile, abolition des privilèges, sécularisation),
mais suscite des tensions, notamment avec les catholiques et la bourgeoisie par sa politique autoritaire, ce qui mène à la Révolution belge de 1830.
De 1831 à nos jours.
En 1830, après la révolution, les bourgeois belges élisent au suffrage censitaire et capacitaire un congrès de 200 représentants pour délibérer sur un projet de constitution.
Face à l'hostilité des royaumes et empires voisins, ils enterrent l'idée d'une république et optent pour un compromis, une monarchie parlementaire.
Un prince proche de la royauté britannique est choisi par tout ce beau monde et couronné roi.
De 1830 à 1850, triomphe la bourgeoisie qui profite de la révolution industrielle.
Lors de l'industrialisation, sont accentuées les conditions de vie et de travail épouvantables des plus défavorisés.
À partir de 1851, le monde ouvrier s'organise progressivement, en tache d'huile.
Les mouvements sociaux sont nombreux, quasi contemporains, au point de ne pouvoir établir une chronologie précise.
Les points culminants sont :
1889 : fin du travail des enfants.
1905 : Repos dominical.
1919 : Suffrage universel masculin.
1921 : Durée du travail fixée à 8 heures par jour et à 48 heures par semaine.
1944 : Sécurité sociale et assurance maladie obligatoire.
1949 : Droit de vote pour les femmes.
1980 : Semaine de 38 heures.
Sauf très rare exception toute nouveauté d'une époque est reproduite aux suivantes.
D'après ma théorie des couches, chaque individu occupe une place dans la société, comme une goutte de liquide dans un verre.
Cette place est susceptible de changer, en fonction des circonstances, tantôt à la surface, tantôt au milieu, tantôt au fond.
Les gouttes se mélangent, ou pas, et au bout d'un temps forment des couches.
Pendant 10 000 an, il n'y en a qu'une.
Les 5 000 an qui suivent, il y en a deux.
Depuis l'arrivée des Celtes, -400, et de leurs esclaves, il y en a trois.
La plus basse est celle qui compte le plus de gouttes, celle des gens de rien. Rien avoir et rien à dire.
La deuxième, moins épaisse, est celle des gens de peu. Peu avoir et peu à dire.
La plus haute, la première, très fine, est celle des gens de tout. Tout avoir et tout à dire.
Ce que je constate, grâce à cette étude, c'est que la plupart des gouttes restent dans la même couche, surtout celles de la première.
Comme dit Salluste, «Les pauvres, c'est fait pour être très pauvres, et les riches, très riches !».
L'autre constatation est que ce sont les rapports de force favorables, issus de crises, qui influencent le partage de la richesse.
La période française, 1794-1815, avec la suppression des droits féodaux.
La crise de la main-d'oeuvre, pendant la révolution industrielle, avec la fin du travail des enfants et le repos dominical.
Les guerres mondiales, avec le suffrage universel et la sécurité sociale.
Fin du 20ème, et en ce 21ème siècle, les rapports de force sont défavorables à la 3ème couche et rien n'apparaît capable d'inverser la tendance,
voir présent et futur.
Dès lors, je suis convaincu, à présent, qu'il m’est inutile de nuire à ma santé, en cherchant à changer le cours des choses.
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